05.06.2006
Retour à la vraie vie
A y est ! J’ai survécu à Cannes.
Ce qui donne au final, au hasard et dans le désordre :
32 films
1 larme versée au Ken Loach
3 crises de rire aux scènes de cul inouïes de Shortbus
12min de standing ovation après le film entier
1 corps tendu avec Red Road
1 petite déception avec Volver
1 moyenne avec Marie-Antoinette
1 grosse avec Selon Charlie
20 min d’interview avec Romain Duris
1 après-midi avec Catherine Deneuve
3 montées des marches sous 12000 flashs
12 (15 ?17 ?) fêtes
58 coupes de Champagne
2 nuits blanches
2 gueules de bois
4 ampoules aux pieds
24 aller/retour Palais-Martinez à raison de 2 par jour
1 Diastème heureux pour son copain Christophe H.
36h de sommeil à raison de 3 par nuits
1 paire de talons niquée
8 fouilles en règle par jour
42 coups de téléphone nocturnes "t'es où? tu fais quoi? tu me fais rentrer?"
4000 journalistes surexcités
12 attachées de presse au bord de la crise nerf
1 concert de John Cameron Mitchell pour 300 privilégiés
2 copains collègues qui mixent au Jimmy's et mettent le feu
sans oublier les indispensables, légendaires et incontournables…
…3 pizzas « aubergine supplément œuf »
Comme disait Jacques Rigaut, "le jour se lève, ça vous apprendra".
Alors c'est promis, je reviens dans la vraie vie. Avec des vrais gens.
14:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.05.2006
Rideau et tapis rouge
Et bah voilà… à force de courir plusieurs lièvres à la fois (en l’occurrence théâtre et cinéma) voilà t-y pas que je suis obligée de vous abandonner une petite dizaine de jours… Le grand raout cannois démarre demain et ce vénérable journal dont vous voyez le logo ici même en haut à gauche a eu la bonne idée de m’appeler en renfort pour couvrir paillettes et starlettes en goguette sur la croisette…
En bref, j’vais m’la péter sévère !
Traduisez : 3 à 5 films par jour, un sandwich à 12 € 50 avalé en moins de 2’ et des heures de sommeil qui se comptent sur les doigts d’une moitié de main parcequ’il faut pas déconner mais si on n’est pas là pour faire quand même un peu la fête c’est plus drôle du tout…
On est loin du théâtre me direz vous.
Pas tant que ça...
Cannes, planches vernies des illusions
Cannes, miroir aux alouettes dorées
Cannes, ses stars et leurs égo en peloton
Cannes, plus grand théâtre des vanités ?
Comme dirait Valérie L., à tout bientôt mes chatons…
PS : normallement, l'image bouge... et ça ne marche pas ! désolé, c'est beaucoup moins drôle...
03:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.05.2006
Fanny Ardant et moi
Anniversaire de Damien T. hier soir. Beaucoup d’amis, beaucoup de champagne et la perspective d’Avignon qui nous réjouit. Rémi F. me donne le programme, tout beau tout chaud. J’arrive à le lire, dites donc !
Ceux qui parmi vous ont vu les éditions précédentes comprendront ma stupéfaction. La mode du « plus c’est riquiqui, plus c’est hype » a fait des ravages et les presbytes avaient de quoi attaquer en justice ! Bonne nouvelle donc : le programme 2006 est lisible. Et fait envie.
Sur ce, je file rejoindre mes petits camarades de Pink TV pour une grande soirée dans un club parisien. Plaisir de revoir la joyeuse bande. J’y travaillais l’année dernière pour la rubrique Théâtre dans Le Set.
C'est rigolo: ils sont tous à l'acceuil ! Eric et Florence en physios, Laurence et Benjamin au vestiaire, Laurent et Mathieu au bar, Marie et Christophe à l'entrée du carré VIP. Et Madame H est dame pipi. Ont-ils tirés à la courte paille leur poste d'un soir ?!
Ceux qui y sont encore et ceux qui n’y sont plus se remémorent quelques souvenirs (impérissables autant qu’inracontables).
On dirait une réunion d’anciens combattants, les médailles en moins mais le strass en plus.
Ce matin, certains devaient dormir, rêver, courir ou cuver.
Moi, j’avais RV avec Fanny Ardant. So chic, isn’t it ?! Elle sera bientôt seule en scène au Théâtre de la Madeleine pour La Maladie de la mort de Marguerite Duras, mise en scène par Bérangère Bonvoisin.
Chez Duras, La Maladie de la mort est l’incapacité (ou le refus) à aimer. Le texte est inouï et, bien que le narrateur prévu soit un homme, je me réjouis d’imaginer ces mots glissant dans le phrasé si singulier d’Ardant.
Je la retrouve dans une brasserie parisienne. Elle est déjà là. Discrète. Simple et souriante. Pensive et spirituelle. De Duras, on glisse à Vincent Gallo et Richard III. Elle aime les anarchistes, les libertaires et les révolutionnaires…
Son regard me fascine et sa voix me bouleverse.
J’ai dormi 4h. Je n’ai pas envie de me réveiller.
19:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.05.2006
Marathon girl
Il y a des paradoxes assez réjouissants. Tenez, prenez Olivier Py. Avoir un nom aussi court et faire des spectacles aussi longs n’est pas donné à tout le monde.
Quand on aime on ne compte pas, me direz vous. Soit. Me voilà donc ce dimanche au Théâtre du Rond-Point à Paris pour y découvrir Les Vainqueurs : 10h au compteur. Avec 3 entractes certes, mais 10h quand même !
Ce dimanche 7 mai 2006 n’a pas existé. Que s’est-il passé dans le monde aujourd’hui ? Je ne sais pas.
J’étais au théâtre. Plus précisément en Arcadie avec un prince en exil, des courtisanes, un fossoyeur, un poète minable et maso, un dictateur, un jeune muet et des révolutionnaires.
J’ai vécu 10 ans. J’ai ri (souvent), j’ai pleuré (un peu). J’ai senti la fleur d’oranger, j’ai partagé des idéaux, j’ai voté pour le dernier mot d’un suicidé (« enfin raide » à la majorité des mains levées), j’ai reçu une « saucisse fatale », j’ai vu des pipes et des branlettes. Et un sourire. Le sourire insondable d’un homme (étourdissant Christophe Maltot) qui veut « vivre poétiquement ». Un sourire au mystère si insupportable que d’aucun se tueront pour en percer les secrets…
Il faut parfois accepter de s’abandonner.
Laisser ses emmerdes au vestiaire pour voyager léger.
Et savourer ce théâtre épique, obscène, généreux, agacant, sublime et débordant, grotesque et bouillonnant.
Une grosse baffe dans la gueule.
Crédit photos: Alain Fonteray
les samedis et dimanches à 13h30 jusqu'au 28 mai
01:40 Publié dans baffe dans la gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05.05.2006
Petit Vania et grande Pina
Hier, aller-retour à Chalon pour un avant goût de la programmation Chalon dans la rue qui fêtera cette année ses 20 printemps (ou étés).
Dans un lycée agricole, avec un pré à perte de vue et des vaches à perpette, le Théâtre de l'Unité joue Oncle Vania. Version plein air, tracteurs et bottes de foin. Une « sortie de chantier » présentée aux élèves et à une poignée de journalistes parisiens venus voir si l’herbe était toujours verte.
C’est beau.
Mais bien trop long et approximatif (le work in progress va progresser) pour oublier les 12 trains qui passaient à la minute et le douloureux constat qu’être assis 2h30 sur l’herbe pique les fesses.
Après le spectacle et la traditionnelle soupe offerte par la compagnie, en route vers l’Abattoir (le lieu de résidence dédié à la rue).
Jacques Livchine me fait part de sa désolation face à la frilosité des programmateurs de théâtres, trop peureux de se faire virer par les municipalités. Et me demande si je sais reconnaître une voiture de gauche d’une voiture de droite. Vu le joli bordel ambiant, je ne doute pas de ses convictions.
A l’arrivée, il ouvre le coffre et fait descendre Pina, grosse et magnifique chienne noire. La grande dame de Wuppertal sait-elle qu’une compagnie de rue, intègre, sociale et militante doit la siffler tous les jours en lui criant « aux pieds ! » ?
17:55 Publié dans arts de la rue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

















