21.11.2006
Que du beau
Coucou me revoilou ! Je ne sais si c’est l’arrivée de l’hiver, l’effet jet-lag (cf Savannah pour ceux qui suivent), les soirées Star’ Ac, la pluie ou l’overdose de planches, mais le fait est que j’ai lâchement abandonné mes post. Mille excuses… Je reprends donc du service avec du beau, du bon, du costaud.
« Je porte malheur aux femmes mais je ne porte pas bonheur aux chiens ». En dehors du fait d’avoir le titre le plus bandant de la saison, le spectacle de Bruno Geslin au Théâtre de la Bastille est une merveille. Denis Lavant y incarne Joë Bousquet, cet écrivain-poète cloué au lit toute sa vie durant après qu’une balle allemande l’a paralysé en 1918. Il avait 21 ans. La vie devant lui, de l’espoir plein les yeux, du désir plein le pantalon. Denis Lavant (extrêmement bien dirigé et sans débordements) a l’esprit aussi vagabond que ses jambes restent immobiles. Trois comparses muets se reflètent derrière un tulle. Ils sont ses rêves, ses interdits, les fantasmes érotiques qui assaillaient Bousquet sitôt la nuit venue et l’opium aspiré.
Avec une idée de mise en scène toute les 30 secondes (projections vidéos, jeux d’ombres…), le spectacle est d’une richesse visuelle inouïe. Presque trop d’ailleurs. C’est très beau, trop peut-être pour que le metteur en scène se résigne à en couper le petit quart d’heure superflu. N’empêche. Pour une fois qu’un texte nous saisi autant que la rétine, on ne va pas sans plaindre...
Dans la famille, c’est beau, c’est beau, mon Dieu que c’est beau… Hey Girl se pose là. En l'occurence aux Ateliers Berthier du Théâtre de l'Odéon.
Ceux qui ont déjà assisté à un spectacle ( ?) de Roméo Castellucci savent de quoi il retourne. Pas de narration, des images chocs et une bande son à vous faire décoller du fauteuil.
Soit donc une jeune fille qui éclot d’une sorte de cocon en latex pas cuit. Plus tard, elle se mettra du rouge à lèvre et du parfum avant de les faire fondre sur un glaive chauffant. Plus tard, elle se fera tabassée à coups d’oreilles noirs par un, puis deux, puis trois… puis quarante figurants. Plus tard, elle achètera une esclave noire, nue et en laisse. Plus tard, cette dernière repeinte en argent, la prendra dans ses bras. Plus tard, quatre vitres éclateront soudainement. Plus tard, un rayon laser assourdissant lui traversera la tête…
Une heure trente plus tard, on est sans voix. Médusés par une telle beauté. Et interdit par sa violence.
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08.11.2006
Une semaine dans le pays du bien et du mal
Me voilà de retour après une semaine au pays de l’Oncle Sam. J’en profite donc pour faire une entorse à notre thématique théâtrale et m’encanailler sur le terrain du 7ème art…
Savannah, en Géorgie, est une petite ville toute mimi qui, en sus d’y accueillir l’une des écoles d’art les plus prestigieuses (Savannah Collège of Art and Design, SCAD de son p’tit nom), brille de mille feux une fois l’an lors d’un festival de cinéma organisé par l’école sus citée. Le Savannah Film Festival.
2 à 3 films par jour, autant de courts-métrages en apéritif, des rencontres avec les étudiants et un hommage quotidien. « Tribute to » qu’ils disent là-bas. J’y étais invitée pour faire un reportage pour le Nouvel Obs et engranger l’interview de Guillermo Arriaga, le scénariste le plus hype du moment (21 grammes, Trois enterrements, Babel…)
Alors voilà, je vous passe les ice creams et muffins en tous genres qu’il eût été impoli de refuser. En revanche, vous ne couperez pas à la séance diapos !
Un meurtre a été filmé dans cette maison...
Vous la reconnaissez ?
Fastoche, la réponse est dans le titre de ce post...
La ville est connue pour son cimetierre immense.
Les arbres, comme ceux de la ville d'ailleurs, sont recouverts de "mousse espagnole". J'avais cru à une déco spéciale Halloween.. que nenni !
Dans la famille "prévoyant", je demande les Richardson...
Bonne pioche !
J'étais aux bons soins de Dominique qui est aux attachées de presse ce qu'Elvis fût aux rock n'roll. Incontournable, donc.
Et en compagnie d'une collègue du Figaro Magazine.
Valérie L. à l'extérieur...
... et Tommy L. à l'intérieur !
Après une semaine de projections, je garde aussi en mémoire l'époustouflante composition de Forest Whitecker en Amin Dada dans The Last king of Scotland. Imprévisible, charmeur, animal, séducteur... Mais avant tout "boucher". J'en ai eu froid dans le dos et j'ai très mal dormi. Brrr...
Le film sort en janvier, ne le ratez pas !
A part ça, je vois que la diffusion du Masque et la Plume ne vous a pas échappée... Merci pour vos messages !
Si je ne suis pas lynchée d'ici là par le fan-club d'Armelle (que j'adore soi dit en passant. Pensez, je ne me serais jamais permis sans son autorisation tacite et complice !) c'est avec plaisir et une jubilation non dissimulée que j'y participerai à nouveau à partir de janvier.
En attendant, je retourne à mes penates théâtrales...
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28.10.2006
Preum's masque !
Je ne sais pas si pour vous c’est pareil mais il y a chez moi quelques notes de piano qui ont le bon goût d’une madeleine de Proust…
Le dimanche à 20h sur France Inter, si tôt la météo suave et marine terminée, le générique du Masque et la Plume me transporte aussitôt dans… les embouteillages ! Vous savez, on est en voiture, il pleut et on rentre à paname après avoir passé deux jours au vert. C’est surtout à Versailles que ça coince.
Bref, cela fait belle lurette que j’écoute « le masque », trépignant comme un moustique de ne pouvoir participer aux discussions animées. Et bah voilà, c’est fait. J’ai enregistré mon premier masque hier et j’en suis encore toute remuée. L’enthousiasme m’a même poussée à y faire une demande en mariage…
Ceux qui s’intéressent autant que moi à moi (copyright Pierre D. pour la formule) se brancheront sur Inter le dimanche 5 novembre à 20h. A bon entendeur…
D’ici là, je m’envole à Savannah vérifier que le Jardin du bien et du mal n’est pas qu’un décor de cinéma pour Clint Eastwood… See you !
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22.10.2006
The show must go on
Il y a des soirs où c’est pas de bol. Tenez, prenez jeudi dernier par exemple. Le magazine Têtu et Pink TV invitaient leurs lecteurs et téléspectateur(s) à découvrir en avant-première le grand raout musical Cabaret. Relookées en Kit Kat Klub berlinois des années 30, les Folies Bergère rutilent. La déco en jette, les serveurs déconnent et la salle est pleine d’un public heureux de ne pas avoir à débourser 80 euros pour qu’on leur souhaite Willkommen, Bienvenue, Welcome…
Après le musical des années 60 et le film de Bob Fosse en 72 (avec 8 Oscars à la clé), le cinéaste Sam Mendès a signé une nouvelle version sur scène qui tient l'affiche à Broadway depuis 98. Le succès a déjà fait des petits à Madrid et Amsterdam. Il arrive donc à paname.
Honteusement privilégiée, je suis placée à l’orchestre, tout devant, à un mètre des girls aguicheuses et des marlous décadents. L’orchestre est bon, le décorum impressionnant et je me réjouis de voir que l’adaptation française n’a pas trop policé les aspérités subversives du livret (sûr que ce n’est pas à la Star Ac’ qu’on verra l’apologie du triolisme et des ambiguïtés sexuelles). Bref, tout roule. Quoi qu’une chose, tout de même, me turlupine…
Le service de presse a beaucoup communiqué sur la personnalité et l’abattage de Claire Perrot à qui Liza Minnelli n’aurait rien à envier dans le rôle légendaire de Sally Bowles (tenu aux USA, entre autres, par Teri Hatcher et Brooke Shields). Là, j’avoue que je reste perplexe… Voix moyenne et jeu théâtral outrancier, je suis loin d’être convaincue.
Ce n’est qu’à l’entracte que je découvre le pot aux roses. Souffrante, Claire Perrot était remplacée par sa doublure qui ne l’a appris qu’à une heure du levée de rideau ! Tout comme le Maître de Cérémonie! Sauf que là, pour le coup, je n’y avais vu que du feu. Deux doublures dans les deux rôles titres, avouez que c’est ballot.
Personne ne l’a annoncé au public. C’est dommage, on en aurait que plus applaudi David Alexis en tenancier subversif et Virginie Perrier qui, une fois le trac passé, a bien mieux assuré la seconde partie. Au pied levé, donc. Au propre comme au figuré.
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19.10.2006
Envol
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