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26.02.2007

Un air de famille

Et dire qu’avec tout ça (je me comprends), je ne vous ai même pas parlé du plus beau spectacle à voir en ce moment à Paris. Shame on me…

L’Oratorio d’Aurélia, au théâtre des Abbesses (18ème).

medium_oratorio-aurelia-2.jpgCachée dans une commode, une jeune femme s’est retirée du monde. Celui qui s’ouvre à elle disloque le corps et offre une âme aux objets. Les marionnettes manipulent et les rideaux de scène se désirent. C’est le monde à l’envers. De fantasmes en rêveries, Aurélia Thiérrée déploie un univers baroque aux effets visuels saisissants qui n’est pas sans rappeler celui de son frère James ( La Symphonie du hanneton, La Veillée des abysses). Teintées d’humour et de nostalgie, les prouesses échappent à toute logique, si ce n’est celle de l’imaginaire. Car cet Oratorio prouve qu’il n’y a pas plus cohérent qu’un songe.

Ceux qui lisent le programme du Théâtre de la Ville diront que je ne me suis pas foulée. Ils ont raison, mais j’assume ma flemmardise et prône l’inutilité de la paraphrase. Dont acte !

 

10.02.2007

Les gestes ont la parole

"A quoi tu penses ?" est la question gênante que l'on entend souvent quand un ange passe. C'est aussi celle que l'écrivain Marie Nimier a posé à des danseurs. A quoi tu penses... quand tu danses ? Elle en fait fait un recueil (Vous dansez ?, paru chez gallimard en 2005) et Dominique Boivin en a fait un spectacle.

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En cinq tableaux, le choregraphe allie le geste à la parole. Danseurs et comédiens se donnent la main pour une fantaisie ludique qui passent des souvenirs d'enfance d'une ado rêvant de patinage artistique avec le fils de la caissière aux interrogations perplexes d'une danseuse à qui l'on demande de faire "l'écrin du poisson" lors d'une audition (Fanny Tirel, drolissime)! Avec en point d'orgue l'étonnant duo de danseurs -cul nu et en tutu- troublés par la présence d'un journaliste dans leur loge.

medium_16.2.jpgAvec un joli travail de vidéo live, le spectacle se regarde et s'écoute avec surprise. Faussement léger et désespérement drôle.

"Je n'aime pas les danseurs qui font la gueule en scène" assure le génial Olivier Dubois. "C'est comme un cadeau que l'on offre sans retirer le prix. Pour bien montrer combien cela nous coûte."

Vous avez jusqu'au 15 février pour vous précipiter au Théâtre National de Chaillot.

PS: pour ceux qui reviennent de WE en voiture, qui restent au chaud ou prennent l'apéro: Le Masque et la Plume, c'est demain dimanche à 20h sur France Inter.

 

04.02.2007

Bonnes résolutions

Hier, mon ami D. m’a tiré les 3 oreilles. « T’as rien compris au principe du blog » qui m’dit. Paraît qu’il faut écrire peu mais souvent. Par esprit de contradiction, je l’ai toujours fait rarement, mais longuement. La date limite de consommation des bonnes résolutions n’ayant pas encore expiré, je vous promets de rentrer dans le rang.

Janvier, donc. Le mois de la galette des rois et des gueules de bois. Le temps des bonnes résolutions (ça, c’est fait) et d’une overdose de spectacles tout beaux (?!) tout neufs. La preuve par 8.

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La double inconstance à Chaillot

Isild le Besco ou comment avoir des envies de meurtres en 42 secondes. On veut bien s’attendrir sur la fragilité des toutes premières fois, boucher nos oreilles et attendre que ça passe. Bah ça passe pas…

L’indulgence à des limites, les oreilles aussi.

 

 medium_JMNS09_300dpi©AFonteray.jpg

Jusqu’à ce que la mort nous sépare au Rond-point 

Comme son titre ne l’indique pas, ces retrouvailles familiales autour de l’urne de la grand-mère fraîchement incinérée sont à pleurer de rire. Aussi acerbe qu’elliptique, le texte de Rémi de Vos est porté par une mise en scène au scalpel d’Eric Vigner qui fait évoluer son trio de personnages dans un décor seventies orange mimolette du plus bel effet. Chaque déplacement est prétexte à une gestuelle délirante, mi-Keaton mi-j’ai-fumé-mais-je-me-contrôle. Claude Perron est parfaite en amoureuse d’enfance retrouvée, Catherine Jacob excelle en mère vampirisante et Micha Lescot déchire en fils rigide aux guibolles élastiques.

 

Orgie au Vieux Colombiermedium_IMG_0489.JPG

Bon, d’accord, si Pasolini était Walt Disney, ça se saurait. Il faut donc s’attendre à du lourd, du costaud dans ce texte sulfureux qui relate l’étrange rituel sexuel auquel se livre un couple SM. Il y a des fulgurances poétiques saisissantes et des tunnels d’ennui. Alain Fromager est inquiétant à souhait. Cécile Brune ne parvient à se défaire d’un jeu bien trop technique pour y croire. « Ca ne prend pas » comme on dit, jusqu’à l’apparition de la toute jeune Lucile Arché. Elle a l’air d’avoir 12 ans et s’offre à l’homme sans contrainte. Sa nudité est véritablement troublante, seul instant de gêne d’un spectacle qu’on attendait plus subversif.

Les éphémères à la Cartoucherie

Ariane Mnouchkine and co ( à Vincennes on dit « création collective ») illustrent les petits plaisirs et les grandes peines, les rencontres et les séparations, la mort et la naissance… la vie, quoi. Quand la déception est à la hauteur de l’attente, ça fait mal. Ben j’ai eu mal.

La Cantatrice chauve à l’Athénée

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C’est L’Année(…)Lagarce, as you know. D’où l’idée démente de remonter La cantatrice chauve dans la mise en scène d’origine qu’en avait faite Jean-Luc Lagarce. Décors, costumes, bande-son, acteurs et techniciens. 15 ans après ils sont tous là. Les mêmes ! Et c’est drôle, mon Dieu que c’est drôle !

Confidences trop intimes à l’Atelier

Partant du principe qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même (ce en quoi il n’a pas tort), Patrice Leconte adapte son film éponyme. Sur scène, Fabrice Luchini a le charme de Jacques Gamblin et Sandrine Bonnaire se réincarne en Mélanie Doutey. Trop mignon. A part ça, le spectacle ronronne gentiment dans le cabinet d’un expert comptable qu’une jeune femme a confondu avec celui d’un psychanalyste. Elle se livre, il écoute. Et devinez quoi…ils tombent amoureux, dites donc ! Ca alors !

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L’Avare à la Porte Saint-Martin

Michel Bouquet est grand. Très grand. Ce n’est pas un scoop mais c’est un fait. Et ça suffit pour se réjouir. Avec sa redingote qui rebique et lui donne des airs de Monsieur Loyal (avec Cléante qui a l’air de défiler pour kenzo, les costumes sont au top), Bouquet défend son Harpagon et son argent avec ténacité. Chapeau bas.

 

 

Le Bazar du homard au Théâtre de la Ville medium_Le_bazar_du_Homard_ph_Eveline_Vannasche_.jpg 

Le problème voyez vous, c’est que quand on a vu La Chambre d’Isabella, faut se lever un peu tôt pour réitérer l’orgasme. On en était sorti en décrétant que Jan Lauwers était un Dieu vivant. Forcément, ce bazar là nous fait un peu redescendre. C’est nettement plus foutraque, toujours aussi barré (vous en voyez souvent vous des spectacles où un jeune homme cloné avec l’ADN de Jimi Hendrix croise un chauffeur de camion russe accusé de viol, un clandestin agnostique et un fils mort mais pas tout à fait ?!) mais la magie n’est plus là. Ou pas encore. Reste le plaisir de retrouver des artistes charismatiques et singuliers. Et la musique d’Hans Petter Daal et Maartin Seegers, toujours aussi démente.

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