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17.05.2006

Rideau et tapis rouge

Et bah voilà… à force de courir plusieurs lièvres à la fois (en l’occurrence théâtre et cinéma) voilà t-y pas que je suis obligée de vous abandonner une petite dizaine de jours… Le grand raout cannois démarre demain et ce vénérable journal dont vous voyez le logo ici même en haut à gauche a eu la bonne idée de m’appeler en renfort pour couvrir paillettes et starlettes en goguette sur la croisette…

En bref, j’vais m’la péter sévère !

 

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Traduisez : 3 à 5 films par jour, un sandwich à 12 € 50 avalé en moins de 2’ et des heures de sommeil qui se comptent sur les doigts d’une moitié de main parcequ’il faut pas déconner mais si on n’est pas là pour faire quand même un peu la fête c’est plus drôle du tout…

On est loin du théâtre me direz vous.

Pas tant que ça...

Cannes, planches vernies des illusions

Cannes, miroir aux alouettes dorées

Cannes, ses stars et leurs égo en peloton

Cannes, plus grand théâtre des vanités ?

 

Comme dirait Valérie L., à tout bientôt mes chatons…

 

PS : normallement, l'image bouge... et ça ne marche pas ! désolé, c'est beaucoup moins drôle...

14.05.2006

Fanny Ardant et moi

Anniversaire de Damien T. hier soir. Beaucoup d’amis, beaucoup de champagne et la perspective d’Avignon qui nous réjouit. Rémi F. me donne le programme, tout beau tout chaud. J’arrive à le lire, dites donc !

Ceux qui parmi vous ont vu les éditions précédentes comprendront ma stupéfaction. La mode du « plus c’est riquiqui, plus c’est hype » a fait des ravages et les presbytes avaient de quoi attaquer en justice ! Bonne nouvelle donc : le programme 2006 est lisible. Et fait envie.

 

 

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Sur ce, je file rejoindre mes petits camarades de Pink TV pour une grande soirée dans un club parisien. Plaisir de revoir la joyeuse bande. J’y travaillais l’année dernière pour la rubrique Théâtre dans Le Set.

C'est rigolo: ils sont tous à l'acceuil ! Eric et Florence en physios, Laurence et Benjamin au vestiaire, Laurent et Mathieu au bar, Marie et Christophe à l'entrée du carré VIP. Et Madame H est dame pipi. Ont-ils tirés à la courte paille leur poste d'un soir ?!

Ceux qui y sont encore et ceux qui n’y sont plus se remémorent quelques souvenirs (impérissables autant qu’inracontables).

On dirait une réunion d’anciens combattants, les médailles en moins mais le strass en plus.

 

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Ce matin, certains devaient dormir, rêver, courir ou cuver.

Moi, j’avais RV avec Fanny Ardant. So chic, isn’t it ?! Elle sera bientôt seule en scène au Théâtre de la Madeleine pour La Maladie de la mort de Marguerite Duras, mise en scène par Bérangère Bonvoisin.

Chez Duras, La Maladie de la mort est l’incapacité (ou le refus) à aimer. Le texte est inouï et, bien que le narrateur prévu soit un homme, je me réjouis d’imaginer ces mots glissant dans le phrasé si singulier d’Ardant.

Je la retrouve dans une brasserie parisienne. Elle est déjà là. Discrète. Simple et souriante. Pensive et spirituelle. De Duras, on glisse à Vincent Gallo et Richard III. Elle aime les anarchistes, les libertaires et les révolutionnaires…

Son regard me fascine et sa voix me bouleverse.

J’ai dormi 4h. Je n’ai pas envie de me réveiller.

08.05.2006

Marathon girl

Il y a des paradoxes assez réjouissants. Tenez, prenez Olivier Py. Avoir un nom aussi court et faire des spectacles aussi longs n’est pas donné à tout le monde.

Quand on aime on ne compte pas, me direz vous. Soit. Me voilà donc ce dimanche au Théâtre du Rond-Point à Paris pour y découvrir Les Vainqueurs : 10h au compteur. Avec 3 entractes certes, mais 10h quand même !

 

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Ce dimanche 7 mai 2006 n’a pas existé. Que s’est-il passé dans le monde aujourd’hui ? Je ne sais pas.

J’étais au théâtre. Plus précisément en Arcadie avec un prince en exil, des courtisanes, un fossoyeur, un poète minable et maso, un dictateur, un jeune muet et des révolutionnaires.

 

J’ai vécu 10 ans. J’ai ri (souvent), j’ai pleuré (un peu). J’ai senti la fleur d’oranger, j’ai partagé des idéaux, j’ai voté pour le dernier mot d’un suicidé (« enfin raide » à la majorité des mains levées), j’ai reçu une « saucisse fatale », j’ai vu des pipes et des branlettes. Et un sourire. Le sourire insondable d’un homme (étourdissant Christophe Maltot) qui veut « vivre poétiquement ». Un sourire au mystère si insupportable que d’aucun se tueront pour en percer les secrets…

 

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Il faut parfois accepter de s’abandonner.

Laisser ses emmerdes au vestiaire pour voyager léger.

Et savourer ce théâtre épique, obscène, généreux, agacant, sublime et débordant, grotesque et bouillonnant.

Une grosse baffe dans la gueule.

 

 

Crédit photos: Alain Fonteray

les samedis et dimanches à 13h30 jusqu'au 28 mai

05.05.2006

Petit Vania et grande Pina

Hier, aller-retour à Chalon pour un avant goût de la programmation Chalon dans la rue qui fêtera cette année ses 20 printemps (ou étés).

 

Dans un lycée agricole, avec un pré à perte de vue et des vaches à perpette, le Théâtre de l'Unité joue Oncle Vania. Version plein air, tracteurs et bottes de foin. Une « sortie de chantier » présentée aux élèves et à une poignée de journalistes parisiens venus voir si l’herbe était toujours verte.

 

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C’est beau.

Mais bien trop long et approximatif (le work in progress va progresser) pour oublier les 12 trains qui passaient à la minute et le douloureux constat qu’être assis 2h30 sur l’herbe pique les fesses.

Après le spectacle et la traditionnelle soupe offerte par la compagnie, en route vers l’Abattoir (le lieu de résidence dédié à la rue).

Jacques Livchine me fait part de sa désolation face à la frilosité des programmateurs de théâtres, trop peureux de se faire virer par les municipalités. Et me demande si je sais reconnaître une voiture de gauche d’une voiture de droite. Vu le joli bordel ambiant, je ne doute pas de ses convictions.

A l’arrivée, il ouvre le coffre et fait descendre Pina, grosse et magnifique chienne noire. La grande dame de Wuppertal sait-elle qu’une compagnie de rue, intègre, sociale et militante doit la siffler tous les jours en lui criant « aux pieds ! » ?

04.05.2006

Fana d'Isabella

Après la décontraction nantaise, revenons aux choses sérieuses. J’ai du lourd, du costaud. Du qu’on ne voit qu’une ou deux fois par décennie : La chambre d’Isabella.

 

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Isabella, une grand-mère aveugle de 92 ans nous raconte sa vie. Pas de quoi grimper au rideau ? Halte là, camarades ! Le spectacle de Jan Lauwers est un électrochoc, une déflagration sensorielle dont on ne survit qu’avec un seul désir : Play it again, Jan ! D’ailleurs je n’y ai pas coupé. Ca fait quatre fois que je m’y colle.
Car Isabella  vous happe, vous hante et vous hypnotise. Elle est flamboyante (immenssissime Viviane de Muynck ), elle est indépendante, elle aime le sexe. Ce qui nous vaut au passage la pelle la plus torride que l’on ait vu en scène depuis belle lurette (et encore, je ne vous dis pas avec qui…)

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Jan Lauwers est metteur en scène, chorégraphe et scénographe. D’où l’extraordinaire liberté formelle du spectacle. Danse ? Théâtre ? Concert ? Les trois mon Capitaine. Avec en prime quelques idées de génie comme celle d’incarner la zone érogène de madame par un danseur en jupette ! (juste là, à droite)

 

Euphorique et KO, on sort de cette chambre en planant. Avec une musique en tête dont il faut plusieurs jours pour se débarrasser. We going on and on… Obsédant jusqu’au vertige.

 

 

Vous avez jusqu'à samedi 20h30 au Théâtre de la Ville à Paris.

01.05.2006

Perm' à Nantes

Le grand raout de la déconne à Montréal a donc pris ses quartiers de printemps à Nantes. Une petite semaine pour une centaine de spectacles. Dubosc, Foresti, le Quatuor, Alévêque, Omar et Fred parmi les poids lourds, une tripotée de "jeunes talents" parmi ceux en devenir.

Me voilà débarquant à la Cité des Congrés pour y présenter une émission quotidienne en direct sur France 4. Juste pour rire ? Sans dec' ?! Problèmes techniques à gogo, bordel ambiant et essuyages de plâtres ont bien failli avoir raison de la notre (de raison). L'affaire fût sauvée par la bonne volonté indéstructible des équipes et la détente des invités. Vautrés dans un immense canapé de velours rouge (merci Eric !), tous y ont testés les positions les plus farfelues. Franck Dubosc s'est recroquevillé sur les genoux de Jacky ( celui de Dorothée, oui je sais ça fait tout drôle...), Gérald Dahan et Didier Gustin m'ont convié à venir sauter dedans avec eux, Sandrine Alexi en Céline Dion nous a chanté Titanic pendant que je mangeais un long fil version Belle et le Clochard avec un magicien au bout (du fil). Quant à Elisabeth Buffet, son entrée fracassante l'a l'aissée les quatre fers en l'air. Paul, cadreur en face d'elle, en est encore tout retourné.

Côté spectacles, pas le temps hélas. Mais les nuits étaient plus drôles que nos jours. Du bar au dance-floor, la vanne fusait et l'on pouvait compter sur les artistes pour quelques performances éthyliques mémorables. Dahan au piano pour 10 chanteurs en 1, Dubosc délirant avec des ballons colorés pour s'en faire une grosse... Le tout avec une jeune bande de magiciens qui trouvaient encore le moyen de faire voler des cigarettes à 4h du matin!

Le veilleur de nuit du Novotel en a vu de belles et le festival semble avoir tenu ses promesses. Celles d'une première édition qui en appelle une seconde...

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