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20.04.2007

trois petits pas et puis s'en vont...

medium_JP_Cassel.jpgJean-Pierre Cassel nous a quitté. Discrètement. D’un pas léger comme les passes de claquettes qu’il affectionnait tant. Aveuglés par le glamour des artistes d’un jour, c’est consternant de penser que seule l’absence nous éclairera sur la place singulière et prestigieuse qu’il occupa tant au théâtre qu’au cinéma.

Jean-Pierre Cassel, c’était l’ours face à la poupée BB.

C’était celui qui croise Gene Kelly dans un bar à St Germain.

C’était celui que voulu Melville, Chabrol, Renoir, Bunuel, Lumet, Losey ou Altman.

C’était le fils d’une chanteuse d’opéra.

C’était le père de deux acteurs (Vincent et Cécile) et d’un rappeur (Rockin’Squat du groupe Assassin)

C’était celui qui croisa Vilar.

C’est celui qui nous fera rire en Panoramix dans le prochain Astérix.

C’est celui qui nous fera pleurer dans Le Scaphandre et le papillon, en compétition cette année à Cannes.

C’est celui qui nous fera swinguer dans J’aurai voulu être un danseur.

Jean-Pierre Cassel, c’était l’élégance d’un œil qui frise et d’un sourire en coin.

C’était le charme discret de l’ironie.

C’était la classe.

 

18.04.2007

Andzeouineuriz…

Il y a des paradoxes auxquels on ne se résout jamais. Tenez, prenez la soirée des Molières. Comment expliquez-vous que tout le gratin des planches réuni ne parvienne au petit doigt de la cheville d’un spectacle de fin d’année dans la salle polyvalente Pablo Neruda ? Célébrer le théâtre, art vivant par excellence, par une avalanche de jeunes éphèbes en sous-pull orange et jeunes premières en tutu qui nous font l’coup du mime chantant que j’fais trois pas de claquettes en passant n’était pas la meilleure idée qui soit. Autrement dit, s’il y a l’art et la manière, l’art dort mollement et la manière s’est fait la malle des Molières.

Pour la cuvée 2007, grande nouvelle ! L’Académie se passe de metteur en scène. Du point de vue du Théâââtre, ça craint. Pour le téléspectateur, nettement moins.

Côté nominationnés, y’a du bon dans le cochon. Et du gras, comme d’hab’.

Meilleur Comédienmedium_gardien3.2.jpg

Que du lourd et du costaud. Jacques Gamblin (Confidences trop intimes) et Michel Vuillermoz (Cyrano de Bergerac), d’accord. Mais avouez que le tiercé de tête est grandiose : Michel Bouquet (L’Avare), Michel Piccoli (Le Roi Lear) et Robert Hirsch (Le Gardien).

Si je votais, ce serai pour mon futur mari. (Ceux qui ne comprennent pas la vanne n’ont qu’à écouter Le Masque et la Plume , et toc !)

Meilleure Comédienne

Geneviève Casile (L’éventail de Lady Windermere), Martine Chevallier (Le retour au désert), Catherine Frot (Si tu mourais) et Isabelle Gelinas (Le Jardin). Crotte, j’oublie The Queen, Mademoiselle Isabelle Adjani (Mary Stuart).

Si je votais, ce serai Martine. Non pas à la plage mais de retour du désert.

Révélation Théâtralemedium_038.jpg

Alors là, ça devient mixte pour le service de presse dont le communiqué additionne Sara Giraudeau (La valse des pingouins), Claire Pérot (Cabaret), Mélanie Thierry (Le Vieux juif blonde) et Julien Cottereau (Imagine toi), Arié Elmaleh (Irrésistible) et Fabian Richard (Cabaret).

Après enquête, il semblerait que deux Molières soit attribués. Vive la parité ! Alors j’opte pour Claire Pérot et Julien Cottereau.

Spectacle seul en scène

medium_124900.2.jpg

Ca c’est tout nouveau, tout beau. Et on ne dit pas « one-man show » s’il vous plait, ça fait vulgaire. Soit donc Michel Aumont (A la porte), Nathalie Baye (Zouc par Zouc), Philippe Caubère, (L’homme qui danse), François-Xavier Demaison (Demaison), Yolande Moreau (Sale affaire, du sexe et du crime) et Jean-Jacques Vannier (L’envol du pingouin). Franchement, vous osez poser la question ?!?

Enfin, sachez qu’il y a 12 (oui, oui, 12 !) nommés dans la catégorie « Théâtre en région» et que les Meilleurs spectacles (privé et public, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, merci.) ne sont pas folichons.

medium_hanneton_thierree_rondpoint.4.jpgAllez, rendez-vous le 14 mai sur France 2. Et gardez vos neurones éveillés pour La Symphonie du hanneton de James Thiérrée diffusé après la cérémonie. Ceux qui l’ont déjà vu savent pourquoi, les autres ont bien de la chance. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit du beau et bon spectacle à la télé…

 

15.04.2007

Mon Dieu !

Il y a des jours où l’on croit rêver. Mardi dernier, c’est en lisant Libération que les yeux nous en tombaient. « Faut-il craindre le Py à l’Odéon » ? se demande Mathilde la Bardonnie. L ’homme de théâtre vient de prendre ses fonctions à la tête du Théâtre de l'Odéon et la Mathilde a peur. Peur qu’Olivier Py ne sache programmer un théâtre ? Diriger une équipe ? Remplir la salle ? Vous n’y êtes pas. Non, non, c’est en haut que ça se passe. Dans le Ciel. Olivier Py est catholique. Bigre !

 

 

medium_pyolivier1.jpgDénonçant la foi comme un frein, la journaliste n’a peur de rien. Consciencieuse, elle précise tout de même qu’ « Il n'est certes pas le premier artiste que la foi, l'espérance et la charité conduiraient. » Notre charité à nous lui passe ce conditionnel condescendant. Mais notre espérance ne peut s’empêcher de lui rappeler ce que serait la culture si la religion était préalable à l’entretien d’embauche.

 

Mozart, Bach, Beethoven, dis Mathilde, c’est du pipi de chat ? Prince, Presley et Springsteen, de la gnognotte ? Vinci, Raphaël et Michel-Ange, des barbouilleurs du dimanche ? Et U2, c’est du mou de veau ?!

Allez, reprenez vos esprits Madame la Bardonnie. Et ne doutez plus de ceux d’Olivier Py.

02.03.2007

Tristesse

medium_mélodie.3.jpg

 

Il y a 3 ans, Mélodie Berenfeld avait conquis le festival d’Avignon avec Kids de Fabrice Melquiot.

 

La metteur en scène était incroyablement précoce et talentueuse, la comédienne gracile et merveilleuse.

 

Il n’y avait que le cynisme d’une mort absurde et indécente pour lui couper les ailes. Mélodie s’est envolée dans un monde qu’on souhaite meilleur.

Celui-là ne la méritait pas.

26.02.2007

Un air de famille

Et dire qu’avec tout ça (je me comprends), je ne vous ai même pas parlé du plus beau spectacle à voir en ce moment à Paris. Shame on me…

L’Oratorio d’Aurélia, au théâtre des Abbesses (18ème).

medium_oratorio-aurelia-2.jpgCachée dans une commode, une jeune femme s’est retirée du monde. Celui qui s’ouvre à elle disloque le corps et offre une âme aux objets. Les marionnettes manipulent et les rideaux de scène se désirent. C’est le monde à l’envers. De fantasmes en rêveries, Aurélia Thiérrée déploie un univers baroque aux effets visuels saisissants qui n’est pas sans rappeler celui de son frère James ( La Symphonie du hanneton, La Veillée des abysses). Teintées d’humour et de nostalgie, les prouesses échappent à toute logique, si ce n’est celle de l’imaginaire. Car cet Oratorio prouve qu’il n’y a pas plus cohérent qu’un songe.

Ceux qui lisent le programme du Théâtre de la Ville diront que je ne me suis pas foulée. Ils ont raison, mais j’assume ma flemmardise et prône l’inutilité de la paraphrase. Dont acte !

 

 
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